
Karla Suárez est née à La Havane le 28 octobre 1969.
Quand elle était petite, elle avait deux passions, les mathématiques et écrire des histoires ; mais comme ce panachage ne semblait pas provoquer de conflits, elle en ajouta une troisième, la musique.
Elle s’est donc mise à étudier la guitare classique au Conservatoire « Alejandro Garcia Caturla », où elle a obtenu le Certificat de Formation Musicale en 1984. Cette même année, considérant qu’il était encore trop tôt pour choisir ce qu’elle allait faire de son avenir, elle a décidé de quitter le Conservatoire.
En 1987, elle s’inscrit à L’Institut Supérieur Polytechnique (ISPJAE) pour devenir ingénieur en informatique.
Pendant ses études, loin de renier les passions de son enfance, elle suit l’atelier d’écriture de l’université ; par ailleurs, ne voulant pas renoncer à la musique, elle chante dans les festivals culturels. Dans le même temps, elle participe à des rencontres littéraires de jeunes écrivains à l’université, et chante avec différents musiciens.

En 1992 elle passe son diplôme en ingénierie. Sa thèse, réalisée au Laboratoire National de Musique électro-acoustique, portait sur le développement d’un software pour la gestion des fichiers musicaux. Entre 1992 et 1998, elle a travaillé comme ingénieur dans deux centres de développement de l’automatisation industrielle, dans une agence de publicité, et à L’Institut Cubain du Livre.
En 1994, elle publie une première nouvelle, Anniversaire, dans la revue Revolución y Cultura à La Havane. En 1996, cette nouvelle sera été adaptée au théâtre par Cecilio S. Valdés et mise en scène par le Centre Dramatique de Cienfuegos.
En 1998, la Fondation Alejo Carpentier de La Havane lui accorde la bourse "Razón de Ser" pour un projet de roman. La même année, elle s’installe à Rome, où elle continue d’écrire et de travailler comme ingénieur et professeur d’informatique. Maintenant, le temps consacré à la musique est entièrement investi par la littérature. En 1999, elle publie à Cuba son premier recueil de nouvelles, Espuma (L’écume). Les nouvelles El ojo de la noche et En esta casa hay un fantasma qui appartiennent à ce livre, sont adaptées à la télévision cubaine en 2002, la première sous la direction de Carlos Medina, la deuxième par Rosaida Irízar et Susana Pérez.
En 1999, elle obtient en Espagne le prix Lengua de Trapo avec son premier roman Tropique des silences, dont la traduction en français est nominée pour le Prix des Amériques insulaires et de La Guyane "Amedée Huyghues Despointes", La Guadeloupe, 2004.
Passionnée par la nouvelle en tant que genre littéraire, en 2001 elle publie chez Norma, une maison d’édition colombienne, un deuxième recueil, Carroza para actores (Carrosse pour acteurs) ; cette même maison d’édition réédite Espuma (L’écume) l’année suivante. Plusieurs de ses nouvelles sont publiées dans des anthologies et des revues à Cuba, en Espagne, en Italie, aux États-Unis, en France, Pologne, Grande-Bretagne, Finlande, Islande et plusieurs pays d’Amérique Latine.
On a beau dire que tous les chemins mènent à Rome, ils en partent aussi, et c’est ainsi qu’en 2003 elle déménage à Paris et s’embarque dans l’écriture de son deuxième roman, La Voyageuse, publié en 2005. Ses romans sont traduits en français, portugais, italien, allemand et slovaque.
En France, elle a bénéficié de plusieurs bourses d’écriture, en particulier celles du Centre National du Livre (cnl), de la Maison des Ecrivains Etrangers et Traducteurs de Saint-Nazaire (meet), de l’Agence Régionale pour l'Écrit et le Livre en Aquitaine (ARPEL), et de Clermont Communauté, à Clermont-Ferrand.
Le livre Cuba, les chemins du hasard, publié en 2007 par la maison d’édition française Le bec en l'air, rassemble une série de textes autobiographiques et est le fruit d’une collaboration avec le photographe italien Francesco Gattoni. En 2007 aussi, la maison d’édition belge Husson publie Lézardes, dans la version espagnole et française, un recueil de textes de Karla Suárez ayant pour cadre la ville de La Havane, comme les photographies du photographe luxembourgeois Yvon Lambert.
Au cours de toutes ces années, elle ne renonce jamais à sa profession d’ingénieur : cours d’informatique, interventions et dépannages sur les ordinateurs, administration et développement de Base de données et design de sites web. Elle organise des ateliers d’écriture littéraire en Italie et en France. Elle est invitée à donner des conférences et à participer à des festivals littéraires en Europe. Elle a été jurée du Prix international de nouvelles « Juan Rulfo » (RFI, Institut Cervantes, Maison de l’Amérique Latine, Institut du Mexique à Paris, Collège d’Espagne à Paris, Le Monde Diplomatique) et elle a écrit pour le journal « El Pais », en Espagne. Actuellement, elle écrit pour le journal « El Informador », en Mexique.
En 2007, elle est sélectionnée par le Hay Festival et Bogotá Capital Mondial du Livre pour figurer parmi les 39 écrivains de moins de 39 ans les plus représentatifs de L’Amérique Latine.
En 2010 son roman Tropique des silences a été adaptée au théâtre en France pour la compagnie de théâtre Peu Importe. La même année, elle s’installe à Lisbonne, où elle habite dans ce moment. Elle anime le Club de lecture de l’institut Cervantès de Lisbonne.
En 2012, avec son dernier roman La Havane, année zéro elle obtient en France les prix: Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-monde et le Grand Prix du Livre Insulaire.







