Karla Suarez

Roman.
Éditions Métailié, Paris, 2012.
Traduit de l'espagnol par François Gaudry.
Titre original : Habana año cero

Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-monde, 2012.
Grand Prix du Livre Insulaire, France, 2012.

Éditions:
Portugal: Havana anno zero, Quetzal Editores. Lisboa, 2011.
France : La Havane année zéro, Éditions Métailié, 2012.
Cuba: Habana año cero, Ediciones Unión, 2016.
Japon: ハバナ零年, Editorial república, 2019.
España: Habana, año cero, Editorial Comba, 2019.

Lire: Premières pages du roman La Havane année zéro.

Écouter: Bande-son du La Havane année zéro.

 

Cuba, 1993. C'est la crise, on ne trouve plus grand-chose à manger, et faute de carburant tout le monde roule à vélo. Julia, la narratrice, est une jeune prof de maths, qui enseigne dans un lycée technologique. Elle navigue entre trois hommes, trois histoires, toutes différentes, et qui vont se retrouver curieusement mêlées. Euclides, son ancien prof de faculté, ex-amant, est brisé par l'exil de ses enfants. Angel est un bel amoureux qui en outre dispose d'un appartement dans le quartier du Vedado, en plein centre-ville - un luxe rare à l'époque. Leonardo est un écrivain à lunettes, grand amateur de rhum et affabulateur de première.

Tous ces personnages sont fascinés par l'histoire d'un certain Antonio Meucci, un Italien émigré à La Havane qui aurait inventé le téléphone avant Graham Bell. Tous souhaitent récupérer le document original qui permettrait de prouver définitivement l'antériorité de l'invention de Meucci sur celle de Bell. Mais surtout, et c'est le plus important : tous mentent, par jeu, par intérêt, par ennui. Coincée entre les trois hommes, la narratrice cherche à démêler le vrai du faux, tout en pratiquant la survie active et quotidienne dans un pays au bord du gouffre.

Dans cette histoire racontée comme une énigme mathématique, Karla Suárez met en scène avec brio une société épuisée, à court de vivres et de rêves, où chacun s'efforce cependant de garder intact tout ce qui peut rendre la vie supportable - l'amour, l'amitié, l'avenir...

 

Presse: 

« Le fil rouge (ou le prétexte) est une enquête sur un Italien qui aurait inventé le téléphone à La Havane, juste avant Graham Bell. Mais le roman, touffu, dense étourdissant, vaut pour la cruelle peinture sociale de ces années, de la main de la narratrice, professeur de maths. » (Thierry Clermont, Le Figaro Littéraire)

« Dans cet “Au nom de la rose” sauce cubaine construit comme une énigme mathématique, Karla Suarez insuffle l’énergie de la survie, l’humour, l’envie de rêver, de faire l’amour, dans la lignée des chefs-d’œuvre nés du manque, du désastre. » (Emmanuelle de Boysson, Marie Claire)

« Una vez más una pequeña joya y un muy buen momento de lectura » (Anne-Sophie, Librairie  Mis en page)

« Une fois de plus un petit bijou et un très bon moment de lecture. » (Anne-Sophie, Librairie  Mis en page)

« A La Havane année zéro, il n’y a pas de gagnants, seulement de splendides perdants. ( Dominique Conil, Médiapart)

« Le fantôme de l’inventeur du téléphone se réveille dans une ville où celui-ci «ne fonctionnait presque jamais». Ensuite, on apprend beaucoup sur cet outil, sur La Havane en pénurie, et sur cet autre outil de communication, généralement défaillant, qu’on appelle l’amour. » (Philippe Lançon, Libération)

« Les personnages évoluent entre liaisons amoureuses et dissimulations, en quête d'une probable chimère qui n'est peut-être qu'un alibi pour se prouver que la vie, à La Havane, n'est pas totalement figée. » (Gilles Heure, Telérama)

« Un roman brillant, joyeux et beau, qui suit le rythme précis, musical et harmonique des chapitres coupés au ciseau, imposé par le chef de l'ingénieur de Suárez» (Revista Leer, Espagne)

« À mi-chemin entre le roman historique, la comédie des enchevêtrements et le roman policier, Karla Suárez réussit à dépeindre avec une extraordinaire volupté et une suggestion l'une des périodes les plus difficiles de l'île des Caraïbes. (Matías Néspolo, El Mundo, Espagne)

« Avec une bonne dose d'humour et une prose généralement plate et précise, Karla Suárez nous offre un autre plat à recommander. » (Mempo Giardinelli, Lecturario)

 « Karla Suárez applique à Cuba la théorie du chaos, depuis le grand changement de 1959, et développe une réflexion sur les rapports entre science et littérature, citant Queneau et Sábato, Calvino et l’Oulipo. » (Isabelle Rüf, Le Temps, Suisse)

« L’intrigue originale racontée sous forme d’énigme mathématique doublée d’un portrait de La Havane en 1993, apocalyptique, font tout l’attrait de ce roman. » (Camille de Marcilly, La Libre Belgique)

« On est fasciné par les relations humaines et par leurs manèges, rendus nécessaires en ce pays de soleil mais isolé. » (Montréal157, Canada)

 « D’une écriture incisive et sobre, Karla Suarez dévoile un pays ravagé par la crise économique. Et en filigrane, il y a bien sûr tous ces Cubains qui rêvent, luttent au quotidien pour rendre la vie un peu plus supportable qu’elle ne l’est. » (Kassia G.-A., Le matindz, Algérie)

 « De son écriture sont des ingrédients caractéristiques de la bonne littérature: une bonne histoire, avec rythme et fluidité, mais aussi avec sensibilité, élégance, intelligence et sens de l'humour. » (Vítor Quelhas, Duas margens, Portugal)